France
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Jean-Marie Blas de Roblès est comme né dans l’ailleurs, c’est un atemporel, un homme atypique en notre époque. Parcourant le monde et ses âges, la Méditerranée serait son centre. Il voit le jour à Sidi-Bel-Abbès et connaît très tôt le goût du départ lorsque sa famille s’installe en France, en Camargue d’abord, puis en Normandie, dans les Vosges, et enfin dans le Var, qu’il quitte bientôt pour se rendre à Paris où il étudie la philosophie à la Sorbonne et l’histoire au Collège de France. Ses études brillantes lui laissent malgré tout le temps de parcourir, en voilier, la Méditerranée.
Diplômé, Jean-Marie Blas de Roblès part pour le Brésil comme enseignant et directeur de la Maison de la Culture Française à l’Université de Fortaleza. C’est à cette période, en 1982, qu’il publie son premier livre, un recueil de nouvelles errant aux frontières du fantastique et du mystique : La mémoire de riz, qui reçoit le prix de la nouvelle de l’Académie Française, et dans lequel transpire déjà l’érudition sublime de l’auteur, sa fascination devant le mystère du monde et où apparaît un personnage, Eleazard, que l’on retrouvera en 2008 dans Là où les tigres sont chez eux. A 27 ans, Jean-Marie Blas de Roblès est salué par le magazine Les Nouvelles Littéraires comme l’un des « grands gnostiques de notre littérature » alors que le Figaro voit en lui « un nouveau roi de la nuit » héritier d’André Pieyre de Mandiargues.
Il est ensuite transféré en Chine Populaire, à l’université de Tien-Tsin, où il est le premier à donner des cours sur Sartre et Roland Barthes alors que la Révolution Culturelle, là-bas, s’achève à peine. Membre depuis 1986 de la Mission archéologique française en Libye, il participe chaque été aux fouilles sous-marines d’Apollonia de Cyrénaïque, de Leptis Magna et de Sabratha en Tripolitaine.
Affecté ensuite à l’université Palerme, il en profite pour visiter le Tibet sur le chemin du retour vers l’Europe qu’il rejoint via le mythique Transsibérien. Sort la même année son premier roman, L’impudeur des choses, dans lequel il dessine à merveille la beauté monstrueuse du monde. En 1989, il publie un second roman, Le rituel des dunes, hanté, toujours et encore, par l’anamorphose du monde.
Puis vient la dernière affectation de Jean-Marie Roblès (de son vrai nom, son pseudonyme il l’emprunte à l’éditeur originel du Don Quichote de Cervantès), à Taïwan auprès de l’Alliance française de Taïpeï, et c’est là qu’il commence la rédaction d’un troisième roman dont il sait déjà que la gestation en sera longue. C’est son Grand Œuvre qui commence, il abandonne alors l’enseignement et voyage toujours plus, se nourrit de la planète : Pérou, Yémen, Indonésie… Il publie dans des revues littéraires, essais et textes poétiques.
En 2008, paraît chez Mare Nostrum Méduse en son miroir, et surtout, ayant passé une décennie à l’écrire, et presque autant de temps avant de trouver un éditeur qui accepte de le publier, Jean-Marie Blas de Roblès sort enfin Là où les tigres sont chez eux. Un roman hors-normes, à commencer par le format totalement intempestif, on lui demande, au Seuil, son éditeur historique, de faire plus ramassé, plus court de 400 pages, il refuse, et c’est partout la même réponse. Ce seront donc les éditions Zulma qui accepteront, seules, de publier ce roman de presque 800 pages, érudit et total. Un roman d’aventure, philosophique, un roman de la fuite du désenchantement, fuite de la tyrannie du chiffre, du refus de la modernité mathématique, roman de la quête des origines qui recrée le tourbillon de la course du monde, enchevêtre le bal des siècles, mêle les époques, les hommes, les lieux… Une ode à la folie créatrice.
Pari fou peut-être, mais avec Là où les tigres sont chez eux, Jean-Marie Blas de Roblès et les éditions Zulma ont eu raison, contre leur époque sans doute, remportant dès la publication du livre le Prix FNAC puis le Prix Jean Giono et le Prix Medicis ; le livre était même parmi la toute dernière liste du Prix Goncourt.
Jean-Marie Blas de Roblès est aujourd’hui responsable de rédaction de la revue Aouras, consacrée à la recherche archéologique dans l’Aurès antique et dirige également la collection Archéologies qu’il a créé chez Edisud et dans laquelle il a publié plusieurs ouvrages de vulgarisation
Liens :
Le site de Jean-Marie Blas de Roblès
Jean-Marie Blas de Roblès vous présente son livre Là où les tigres sont chez eux à l’occasion de la remise du Prix Fnac 2008 :
Revue de presse Là où les tigres sont chez eux :
Le Figaro Le Figaro Lire L’Humanité Libération Libération L’Express Télérama Télérama Le Point La Croix
Bibliographie :
Là où les tigres sont chez eux (Zulma, 2008), Prix Medicis 2008
Méduse en son miroir (Mare Nostrum, 2008)
Le rituel des dunes (Seuil, 1989)
L’impudeur des choses (Seuil, 1987)
La mémoire de riz et autres contes (Seuil, 1982)
Essais :
Libye grecque, romaine et byzantine (Edisud, 2005)
Vestiges archéologiques du Liban, avec Jean-Baptiste Yon et Dominique Pieri (Edisud, 2004)
Sites et monuments antiques de l’Algérie, avec Claude Sintès (Edisud, 2003)
Présentation de Là où les tigres sont chez eux :
« – L’homme à la bite en pointe ! Haarrk ! L’homme à la bite en pointe ! fit la voix aiguë, nasillarde et comme avinée de Heidegger. Brusquement excédé, Eléazard von Wogau leva les yeux de sa lecture ; pivotant à demi sur sa chaise, il se saisit du premier livre qui lui tomba sous la main et le lança de toutes ses forces vers l’animal. À l’autre bout de la pièce, dans un puissant et multicolore ébouriffement, le perroquet se souleva au-dessus de son perchoir, juste assez pour éviter le projectile. Les Studia Kircheriana du père Reilly allèrent s’écraser un peu plus loin sur une table, renversant la bouteille de cachaça à demi pleine qui s’y trouvait. Elle se brisa sur place, inondant aussitôt le livre démantelé. – Et merde !… grogna Eléazard. Il hésita un court instant à se lever pour tenter de sauver son livre du désastre, croisa le regard sartrien du grand ara qui feignait de chercher quelque chose dans son plumage, la tête absurdement renversée, l’œil fou, puis choisit de revenir au texte de Caspar Schott. »
Correspondant de presse à Alcântara, dans le Nordeste brésilien, Eléazard von Wogau reçoit un jour la biographie inédite d’Athanase Kircher, un célèbre jésuite de l’époque baroque. Fasciné par ce qu’il découvre, il se lance dans une sorte d’enquête qui va avoir bien des incidences sur sa vie privée. Jean-Marie Blas de Roblès tire de ce point de départ matière à une fresque fabuleuse. Roman palimpseste, récit ambitieux où se mêlent la démesure et l’érudition, Là où les tigres sont chez eux interroge brillamment la notion même d’écriture.
Dimanche - 11h15 : Le roman de l’Histoire
avec : DUONG Thu Huong, Mathias ENARD, Jean-Marie BLAS DE ROBLES |
ALEXANDROV Nikolai
Echo de Moscou |
TREPS Marie
Lâche pas la patate ! Mots et expressions francophones (Le Sorbier, 2009) |
BADRI Ali
Parvaz (FAG Prod et Milsabords, 2010, 52’) |
TROUILLOT Evelyne
La mémoire aux abois (2010) |
DONGALA Emmanuel
Photo de groupe au bord du fleuve (Actes Sud, 2010) |
BOTTET Béatrice
Fantômes, spectres et autres revenants (Casterman, 2010) |
CASTERA Georges
Le coeur sur la main, ill. Mance Lanctôt (Mémoire d’encrier, 2009) |
PELOT Pierre
La montagne des boeufs sauvages (Hoëbeke, 2010) |