Séisme : des mots d’auteurs
 

Evelyne Trouillot : l’espoir
 

publié le 5 février 2010.
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Un article publié dans le New York Times et repris dans Courrier international du 28 janvier.

"La famille campe chez mon frère. J’habite juste à côté, mais nous sommes plus rassurés d’être tous dans la même maison. Mon frère [l’écrivain Lyonel Trouillot] écrit ses articles, j’écris les miens. De temps en temps, une secousse nous oblige à arrêter et à sortir en courant, au cas où. Je me demande combien de temps encore nous allons devoir être aussi prudents, et j’attends avec impatience le retour à la normale.

Les rares stations de radio qui diffusent encore transmettent les messages des familles et amis plongés dans l’angoisse. Un père a fait tout le chemin depuis un petit village du Sud pour chercher ses deux filles. Malgré sa voix brisée, il réussit à prononcer leurs noms et à implorer que quelqu’un lui dise si elles sont vivantes. L’animateur répète rapidement le message, puis présente quelqu’un d’autre. Il y en a tant, une litanie de voix désespérées. Un lien profond unit tous les Haïtiens, quels que soient notre condition sociale, notre statut économique, nos croyances religieuses, ne serait-ce que parce que nous partageons les mêmes incertitudes, les mêmes craintes sur l’ampleur monstrueuse de la tâche qui nous attend. Même si le séisme nous rappelle notre destinée commune, il ne cache pas les inégalités qui divisent Haïti. Les disparités sociales et la misère noire de la majorité de la population ne peuvent pas s’envoler comme par magie avec la poussière. Mais peut-être que cette catastrophe constituera un nouveau départ. Peut-être que l’effort de reconstruction qui est maintenant si urgent contribuera aussi à résorber le fossé qui nous sépare.

Comme la plupart des gens ici, je ne regarde pas les informations. Nous ne pouvons pas faire grand-chose et, de toute façon, il me paraît futile, voire absurde, d’être spectatrice de ma propre vie, surtout lorsque les images télévisées n’insistent que sur la misère de notre pays. Nous sommes nombreux à nous offusquer de la couverture médiatique du séisme. Une fois de plus, une catastrophe naturelle sert de vitrine à la pauvreté et est prétexte à exagérer les scènes de violence qui sont monnaie courante dans ce type de catastrophe.

Non, je ne regarde pas les informations. Oui, je suis trop occupée à essayer de trouver un moyen d’entretenir la flamme de l’espoir, parce que la tâche qui nous attend est gigantesque. Et je suis occupée à recueillir les fragments de vie qui témoignent de l’immense courage et de l’extraordinaire résilience de notre peuple.

Je suis occupée à aimer la vie et mon pays."

 

Vos réactions :

Evelyne Trouillot : l’espoir
 

par domnique comont le 8 février

Bonjour Evelyne Trouillot, je vous écris du Havre en France. Je lis plus volontiers les écrivains du dehors de l’hexagone, dont ceux de la Caraïbe et de l’Afrique, je suis très touché par votre dignité et par la force de votre esprit. Je suis depuis longtemps sensible, je ne sais pas exactement pourquoi, à votre côté du monde, loin de la suffisance et de la boulimie des occidents industriels. je fais un peu de musique, j’écris quelques chansons, et nous avons fait un concert de solidarité, samedi 6 février au Havre avec des musiciens amis. Cela a très bien marché et la soirée était très chaleureuse. les spectateurs ont donné près de 4000 euros au profit de médecins du monde et de la croix rouge pour le peuple haïtien. J’éspère que cela arrivera jusqu’à vous, même si ce n’est qu’une goutte d’eau. je vous embrasse. Vive la littérature, vive la poésie, vive la Caraïbe et tous ces peuples debouts !
Amicalement, Dom.


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les Haïtiens invités à Saint-Malo
AUGUSTE Bonel

Poèmes (Nouvelle Revue française 576, janvier 2006)

CASTERA Georges

Le coeur sur la main, ill. Mance Lanctôt (Mémoire d’encrier, 2009)

DALEMBERT Louis-Philippe

Transhumance (Riveneuve, 2010) ; Haïti, une traversée littéraire (Philippe Rey, 2010)

FRANKETIENNE

Les affres d’un défi (Vents d’ailleurs, La Roque d’Anthéron, France , 2010) ; Melovivi ou Le piège suivi de Brèche ardente (Riveneuve éditions, 2010)

LAFERRIERE Dany

Tout bouge autour de moi (Mémoire d’encrier, 2010)

LAHENS Yanick

La couleur de l’aube (Éditions Sabine Wespieser, 2008) Prix Millepages 2008

MARS Kettly

Saisons sauvages (Mercure de France, 2010)

MILCÉ Jean-Euphèle

Pase m yon kou foli (Editions des Presses Nationales d’Haïti, 2008)

NOEL James

Le Sang visible du vitrier (Vents d’Ailleurs, 2009), La fleur de Guernica (Vents d’Ailleurs, 2010)

PEAN Stanley

Jazzman (Montréal : Mémoire d’encrier, 2006)

PIERRE Claude C.

Le dit du lierre (Editions Zémès, 2006)

PROPHÈTE Emmelie

Le Testament des solitudes (Mémoire d’Encrier, 2007)

SAINT-ELOI Rodney

Haïti, kenbe la ! Michel Lafon (2010)

TROUILLOT Evelyne

La mémoire aux abois (2010)

TROUILLOT Lyonel

Yanvalou pour Charlie (Actes Sud, 2009) ; Éloge de la contemplation (Riveneuve, 2009)

VICTOR Gary

Saison de porcs ( Mémoire d’Encrier, 2009 ) ; Banal oubli (Vents d’ailleurs, 2008)







 
 
 
 
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